Le voyage à Paris 2007 des premières ES n'a pas démérité, cette année nous avons eu droit à la "totale", un festival de visites détaillées sur le blog de Gilles Sabatier.
Alors pour faire bref , on va commencer par le premier jour :
visite de Versailles et de ses jardins.
La météo s'étant rafraichit ces derniers jours de Mars, nous avons eu droit à la neige sur le parcours en car mais les nuages se sont éclaircis à notre arrivée à Paris.
Peu d'affluence en cette saison, du moins dans les jardins car les salons proches de la Galerie des Glaces saturent rapidement.
Le bassin de Latonne en direction du grand Canal vers l'ouest.Alain Baraton Le jardinier de Versailles Grasset 2006
Visite guidée par les professeurs qui une nouvelle fois se sont fait "enguirlander" par les surveillants des salles. La prise de parole est contrôlée et je fus empêché de parler devant les élèves face à la statue de Vauban alors que la galerie à cet endroit était totalement vide...
La culture est une marchandise, l'éducation n'est pas toujours compatible avec la logique mercantile.
Heureusement tout le monde n'a pas réagi ainsi et la visite du théâtre opéra fut commentée non officiellement par un gardien éclairé qui nous dévoila les subtilités de cette partie du château ouverte au public exceptionnellement en ce moment.
C'est la cinquième chapelle du château. Les plans sont de J. Hardoin-Mansart (dessinés en 1699), la construction est réalisée par son beau frère Robert de Cotte en 1708.
"Le roi allait à la messe, où sa musique chantait toujours un motet. il n'allait en bas qu'aux grandes fêtes, ou pour des cérémonies". Saint Simon Mémoires.
De même la visite intérieure de la chapelle est possible et les voutes peintes sont impressionnantes.
La Galerie des glaces est désormais presque entièrement débarrassée de ses échafaudages, la rénovation du plafond est terminée, reste à remettre en place le mobilier déposé dans les réserves.
'j'ai vu le château par des temps de neige, le toit bleuâtre, majestueux et riste sur le gris du ciel, comme le royal palais du froid".Le plus grand bonheur pour le passionné des jardins fut le Trianon quasiment désert avec les grands arbres immenses au coeur des pelouses vides. ici le Petit Trianon construit en 1768 par Gabriel
Le Hameau de la Reine était assez fantomatique. depuis la tempête de 1999 il a complètement changé de visage et est l'objet aujourd'hui d'une reconstitution minutieuse.
Voici ce qu'en dit Alain Baraton dans son livre Le Jardinier de Versailles
C'est drôle pour un jardinier : je dors comme une bûche. Les insomnies me sont inconnues, un des rares privilèges qui m'ont été donnés. La tempête du 26 décembre 1999 est venue l'abolir. Je me réveille une première fois. Il doit être quatre heures du matin. Dans un demi-sommeil, je sens les vibrations des murs et le vent qui siffle contre les fenêtres. J'ai l'impression d'être sur un voilier : tout craque, tangue, hurle et se déchire. Puis je me dis qu'un château ne saurait faire naufrage, je grommelle, je songe à l'Atlantique en furie, à ma maison, à Oléron. Cette pensée m'apaise, je me rendors. Le monde disparaît à nouveau. Ce n'est que vers six heures que tout est devenu impossible.
La rumeur sourde qui pénétrait mon sommeil a fini par m'éveiller. La maison est prise d'une sorte de vertige, tandis qu'à l'extérieur les sifflements ont laissé la place à un grondement hostile. Cette fois-ci ce n'est plus tenable, je me lève. Le bruit du vent est tellement fort que tous mes mouvements me semblent silencieux : la lampe de chevet que j'allume, le lit qui grince, mes pas sur le plancher, les portes que j'ouvre, tous ces gestes sont devenus muets, réduits au silence par la valse infernale des fracas extérieurs. Je monte à l'étage. La pièce chuinte et gémit, lutte en un combat où je n'ai pas mon mot à dire. Un détail attire mon regard : la vitre de la fenêtre ploie littéralement sous la pression du vent. Une bulle de savon semblerait moins fragile. Je m'approche, je n'ose pas même coller mon visage sur le carreau, de peur qu'il ne se rompe. Ma dernière pensée va au chêne de Marie-Antoinette qui du haut de ses trois cents ans d'âge doit souffrir. Et puis je ne peux plus penser à rien, je vois.
Je vois les arbres qui tombent un à un, terrassés sans effort par le vent hystérique. Un instant, je ne le crois pas : comment ces géants pourraient-ils mourir ? Ils ont résisté à tellement d'événements déjà, n'est-ce pas la marque de leur immortalité ? Cette impression d'irréel est renforcée par le fait que je n'entends pas les arbres tomber : la scène a tout du film muet, trop rapide, malhabile et un peu comique, si bien que je n'arrive pas à la prendre au sérieux. Pourtant, je sais bien que c'est le tumulte du vent qui couvre le bruit de la chute des arbres. Je comprends qu'il n'y a rien à faire et je regarde, fasciné, le jour qui se lève sur Versailles.
Quelques liens intéressants si vous n'avez pas encore visité ou si vous n'avez pas tout vu lors de la visite :
Versailles numérique : retouvez la chronologie
les articles sur Wikipedia
le site du Ministère de la culture sur Le Nôtre
pour découvrir les quatre saisons à l'Orangerie (vous n'avez pu voir les plantes fragiles rentrées à cause du gel)
le site sur Google Maps ou Google Earth (nécessite l'installation du logiciel)
une petite vidéo
ps : j'ai oublié de vous parler de quelques autres visites instructives :
la Tour Eiffel (3° étage s'il vous plait...), Hôtel Sully, Place des Vosges, Mémorial de la Shoah, Musée d'Orsay, Musée de Cluny, Institut du Monde arabe, Ballade dans le Paris médiéval, Musée des Arts décoratifs, Musée de la Publicité, Musée de la mode (Exposition JP Gautier), Bateau mouche sur la Seine, le Louvre et ballade dans Paris...
De biens belles images en perspective qui seront mises en ligne progressivement et consultables sur l'album photo ci contre.
La suite bientôt...

Un miroir décoré par Majorelle (Ecole de Nancy) avec des motifs inspirés des graines d'ipomées.

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