Le voyage à Paris : étape à Versailles

Publié le par François Arnal

Quelques éléments sur Versailles et son jardin, des liens Internet pour prolonger virtuellement la visite ou pour se rappeler une découverte trop rapide et trop copieuse.

La longue aile du Nord réalisée après 1678 et l'agrandissement de la Galerie des glaces. Elle est l'oeuvre de Jules Hardouin-Mansart, elle accueillait les princes et les courtisans. Récemment ravalée, elle déploie toute sa splendeur classique au dessus du parterre du Nord côté jardin.


Le voyage à Paris 2007 des premières ES n'a pas démérité, cette année nous avons eu droit à la "totale", un festival de visites détaillées sur le blog de Gilles Sabatier.

Le château vu depuis l'Ouest et le Grand Canal au premier plan : le bassin d'Apollon est  presque visible au centre, juste avant la montée de l'allée centrale débouchant sur la façade de la Galerie des Glaces. Avant la rénovation des bosquets et la tempête de 1999, ce type de perspective n'était plus possible car la hauteur des arbres masquait le château à l'arrière plan. Nous sommes revenus aujourd'hui à un aspect plus proche de celui du début du XVIII° siècle.


Alors pour faire bref , on va commencer par le premier jour :
visite de Versailles et de ses jardins.


Une échappée depuis la galerie des glaces vers les jardins avec au premier plan le parterre d'eau en prolongement de la façade. cet ensemble ne reçut sa forme définitive qu'en 1685.


La météo s'étant rafraichit ces derniers jours de Mars, nous avons eu droit à la neige sur le parcours en car mais les nuages se sont éclaircis à notre arrivée à Paris.

Un magnifique topiaire d'ifs du côté du parterre du Nord.

Peu d'affluence en cette saison, du moins dans les jardins car les salons proches de la Galerie des Glaces saturent rapidement.

Le bassin de Latonne en direction du grand Canal vers l'ouest.
"Alors commence le temps où Versailles est le théâtre de tous les possibles. Un simple ru coule dans le domaine ? Un château royal se doit d'avoir un pont et surtout des fontaines ! On les construit sur des thèmes qui évoquent l'esprit du temps (...). La construction du grand Canal, en moins de cinq ans, marque l'acmé de cette volonté de défier et de maitriser la nature. Plus de tente six mille saisonniers ont travaillé à l'édification du grand Canal, des jardins et du château : tous les jours ce sont des hommes qui meurent, victimes de maladies, des chutes ou de la fatigue, sous l'oeil vigilant du roi."
Alain Baraton Le jardinier de Versailles Grasset 2006

Visite guidée par les professeurs qui une nouvelle fois se sont fait "enguirlander" par les surveillants des salles. La prise de parole est contrôlée et je fus empêché de parler devant les élèves face à la statue de Vauban alors que la galerie à cet endroit était totalement vide...
La culture est une marchandise, l'éducation n'est pas toujours compatible avec la logique mercantile.


L'opéra royal est décoré par Pajou  : "c'est la plus belle salle qu'on n'ai jamais vu en Europe" note le Duc de Croÿ dans son journal. L'éclairage nécessitait plus de 3000 bougies ruineuses qui rythmaient les spectacles, car il fallait du temps pour les remplacer entre les actes. Commencé en Février 1768, il est achevé en mai 1770, oeuvre de l'ingénieur machiniste Arnoult et de l'architecte Gabriel, il ne servira que 27 fois jusqu'à la Révolution. Il servit de salle de séances de l'assemblée nationale entre 1871 et 1875

Heureusement tout le monde n'a pas réagi ainsi et la visite du théâtre opéra fut commentée non officiellement par un gardien éclairé qui nous dévoila les subtilités de cette partie du château ouverte au public exceptionnellement en ce moment.

La chapelle royale achevée en 1710 (5 ans après la mort de Louis XIV).
C'est la cinquième chapelle du château. Les plans sont de J. Hardoin-Mansart (dessinés en 1699), la construction est réalisée par son beau frère Robert de Cotte en 1708.
"Le roi allait à la messe, où sa musique chantait toujours un motet. il n'allait en bas qu'aux grandes fêtes, ou pour des cérémonies". Saint Simon Mémoires.

De même la visite intérieure de la chapelle est possible et les voutes peintes sont impressionnantes.


La Galerie des glaces est désormais presque entièrement débarrassée de ses échafaudages, la rénovation du plafond est terminée, reste à remettre en place le mobilier déposé dans les réserves.

'j'ai vu le château par des temps de neige, le toit bleuâtre, majestueux et riste sur le gris du ciel, comme le royal palais du froid".
Emile Zola, Nouveaux contes à Ninon.

Le plus grand bonheur pour le passionné des jardins fut le Trianon quasiment désert avec les grands arbres immenses au coeur des pelouses vides. ici le Petit Trianon construit en 1768 par Gabriel


Ce village est construit par Mique entre 1783 et 1785 pour Marie antoinette. Il comprenait à l'origine 12 maisons il n'en reste que 10. Face à un lac artificiel  sont construites des petites maisons qui servaient de salle de jeu ou de plaisir. au premier plan la tour de Malborough. Une véritable ferme avec animaux et cultures alimentait les cuisines du château.

Le Hameau de la Reine était assez fantomatique. depuis la tempête de 1999 il a complètement changé de visage et est l'objet aujourd'hui d'une reconstitution minutieuse.

Voici ce qu'en dit Alain Baraton dans son livre Le Jardinier de Versailles

La tempête

C'est drôle pour un jardinier : je dors comme une bûche. Les insomnies me sont inconnues, un des rares privilèges qui m'ont été donnés. La tempête du 26 décembre 1999 est venue l'abolir. Je me réveille une première fois. Il doit être quatre heures du matin. Dans un demi-sommeil, je sens les vibrations des murs et le vent qui siffle contre les fenêtres. J'ai l'impression d'être sur un voilier : tout craque, tangue, hurle et se déchire. Puis je me dis qu'un château ne saurait faire naufrage, je grommelle, je songe à l'Atlantique en furie, à ma maison, à Oléron. Cette pensée m'apaise, je me rendors. Le monde disparaît à nouveau. Ce n'est que vers six heures que tout est devenu impossible.
La rumeur sourde qui pénétrait mon sommeil a fini par m'éveiller. La maison est prise d'une sorte de vertige, tandis qu'à l'extérieur les sifflements ont laissé la place à un grondement hostile. Cette fois-ci ce n'est plus tenable, je me lève. Le bruit du vent est tellement fort que tous mes mouvements me semblent silencieux : la lampe de chevet que j'allume, le lit qui grince, mes pas sur le plancher, les portes que j'ouvre, tous ces gestes sont devenus muets, réduits au silence par la valse infernale des fracas extérieurs. Je monte à l'étage. La pièce chuinte et gémit, lutte en un combat où je n'ai pas mon mot à dire. Un détail attire mon regard : la vitre de la fenêtre ploie littéralement sous la pression du vent. Une bulle de savon semblerait moins fragile. Je m'approche, je n'ose pas même coller mon visage sur le carreau, de peur qu'il ne se rompe. Ma dernière pensée va au chêne de Marie-Antoinette qui du haut de ses trois cents ans d'âge doit souffrir. Et puis je ne peux plus penser à rien, je vois.
Je vois les arbres qui tombent un à un, terrassés sans effort par le vent hystérique. Un instant, je ne le crois pas : comment ces géants pourraient-ils mourir ? Ils ont résisté à tellement d'événements déjà, n'est-ce pas la marque de leur immortalité ? Cette impression d'irréel est renforcée par le fait que je n'entends pas les arbres tomber : la scène a tout du film muet, trop rapide, malhabile et un peu comique, si bien que je n'arrive pas à la prendre au sérieux. Pourtant, je sais bien que c'est le tumulte du vent qui couvre le bruit de la chute des arbres. Je comprends qu'il n'y a rien à faire et je regarde, fasciné, le jour qui se lève sur Versailles.



Quelques liens intéressants si vous n'avez pas encore visité ou si vous n'avez pas tout vu lors de la visite :
le site officiel
Versailles numérique : retouvez la chronologie
les articles sur Wikipedia
le site du Ministère de la culture sur Le Nôtre
pour découvrir les quatre saisons à l'Orangerie (vous n'avez pu voir les plantes fragiles rentrées à cause du gel)
le site sur Google Maps ou Google Earth (nécessite l'installation du logiciel)
une petite vidéo


ps : j'ai oublié de vous parler de quelques autres visites instructives :

la Tour Eiffel (3° étage s'il vous plait...), Hôtel Sully, Place des Vosges, Mémorial de la Shoah, Musée d'Orsay,  Musée de Cluny, Institut du Monde arabe, Ballade dans le Paris médiéval, Musée des Arts décoratifs, Musée de la Publicité, Musée de la mode (Exposition JP Gautier), Bateau mouche sur la Seine, le Louvre et ballade dans Paris...
De biens belles images en perspective qui seront mises en ligne progressivement et consultables sur l'album photo ci contre.
La suite bientôt...

Publié dans Voyage - voyages...

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Commenter cet article

pierre2 01/04/2007 15:36

Quel programme! mais que de choses découvertes et engrangées .
J'ai eu quelques joies comme celles-ci dans mes années Lycée, mais bien peu accompagnées par et avec autant de dévouement et de compétences. Bravo françois et tous les jeunes.

Anais Fournier 1erES1 et Guylaine Ganzhorn 1er ES3 26/03/2007 21:23

BonjourNous voulions vous remercier pour ce magnifique voyage, autant enrichissant sur le plan culturel et intelectuel que sur le plan humain. Merci de vous être dévoué pour réserver les musées, avoir engagé vos responsabilités.Enfin merci d' être aussi passionné et de nous transmettre vos savoirs.Vive les petits Karaokés improvisés!!!Anais F ( 1 er ES 1) Guylaine G (1 er ES3)

G.Sabatier 25/03/2007 21:35

Très beau résumé riche en images de notre premier jour à Versailles... La suite du périple sur le blog miroir histoiregeo en force !