la photo de tranchée

Publié le par François Arnal

Retrouvez la photo de la tranchée anglaise du manuel Hatier .


English: A British trench near the Albert-Bapaume road at Ovillers-La Boisselle, July 1916 during the Battle of the Somme. The men are from A Company, 11th Battalion, The Cheshire Regiment.
Photograph by Lt. J. W. Brooke. Imperial War Museum catalogue number Q 3990.


Une image censurée à l'époque, on est loin de la mise en scène idyllique.

Voici le commentaire qu'un collègue enseignant (Gilles Boué) m'a autorisé à reproduire je l'en remercie vivement.

« Cette photo ( celle de la tranchée anglaise) est relativement célèbre et utilisée
dans de nombreux livres illustrés anglais sur la première guerre mondiale. on la retrouve parfois sous le nom de "the watch", la garde.

Or, c'est justement ce qui est largement mis en scène ici :
4 soldats qui dorment du sommeil du juste sous la garde d'un cinquième. nous sommes dans une tranchée sèche, sans caillebotis pour drainer l'eau, le désordre est savamment
orchestré: au premier plan à droite une boite de munitions vide une flasque de rhum au pied du soldat dormant sur la banquette de gauche,des havresacs pendent négligemment le long de la tranchée, deux boites de fer servant à transporter de l'eau (ne pas utiliser
jerrycan avant 1941) gênent le passage. Un soldat endormi sur son bras gauche
nous renvoie à certaines peintures religieuses du 17ème (descentes de croix ou rêve de Booz), Deux soldats dorment paisiblement sous un abri formé d'une traverse recouverte de terre, leurs visages apparaissent, des morts seraient recouverts. Des marches creusées et aménagées dans le parapet de droite semblent indiquer que nous sommes dans
une tranchée de seconde ligne, en effet,  un parapet de la première ligne aurait eu une verticalité plus importante afin d'éviter les tirs d'enfilade des canons et réduire la largeur de la cible pour les obus de mortier.
De plus, le seul rappel guerrier, le soldat allongé sur le parapet est dans une situation qui ne lui permet de ne strictement rien voir. Sa baïonnette au canon est un topos, celle ci ne se met au canon que sur ordre du fait de l'encombrement du jumelage fusil-baïonnette dans un espace réduit.
Dans une vraie posture de surveillance d'un danger immédiat, le Tommy aurait quelques bombes Mills (grenades) à ses côtés.
Cette photo reste intéressante dans le cadre d'une critique à construire avec des élèves sur l'héroïsation et tout simplement la propagande ».

carte postale :  photographie de studio...

et un article très complet sur les tranchées là :

et toujours l'excellent blog de Louis Brun

Publié dans Histoire première

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