Design et patrimoine à St Etienne

Publié le par François Arnal


L'ancienne Manufacture d'armes réhabilitée en pôle universitaire (le pôle optique vision) et en lieu d'exposition à l'occasion de la biennale.

La semaine écoulée fut riche en évènements culturels sur St Etienne (Loire).

En effet la Biennale Internationale du Design s'achève sur un grand succès d'affluence.
Cette animation culturelle prouve que la revitalisation des territoires peut passer par un positionnement culturel judicieux.


Le barrage du Gouffre d'Enfer à Rochetaillée (commune de Saint Etienne parc Naturel Régional du Pilat).

St Etienne ville d'art et d'industrie, faisait du design au XIX° siècle alors que le mot n'existait pas.
Lorsque le Barrage du Gouffre d'enfer fut construit sous Napoléon III, l'ouvrage d'art fut conçu selon des contraintes techniques certes (un barrage poids reconnu internationalement), mais aussi sur des critères esthétiques et paysagers. La promenade et le parc qui conduisent au barrage furent imaginés par les ingénieurs des Ponts dans un même geste que l'on qualifierait de "design" aujourd'hui.

Pour prendre un autre exemple local, la ville de Firminy possède aujourd'hui le plus important ensemble urbanistique aménagé par un des plus grands architectes du XX° Siècle Le Corbusier.


Mise en lumière de l'église St Pierre de Le Corbusier à Firminy

Cette reconnaissance internationale tarde à venir mais l'inauguration de l'église Saint Pierre va accroître la notoriété de l'ensemble.

L'exposition "Enrubannées" au musée d'art et d'industrie.

Saint Etienne a fabriqué des rubans, des armes et des cycles pendant les révolutions industrielles du XIX et XX° siècle. Touchée par la crise, elle est obligée aujourd'hui de se refonder sur de nouvelles bases. Un projet  de renouvellement urbain qui s'inspire de l'Emscher Park dans la Ruhr ou de l'expérience de Bilbao avec son Musée Guggenheim est en cours.

On peut citer encore Barcelone et ses paysages urbains.

Le renouveau urbain des villes en crise comme St Etienne passe aujourd'hui par la culture, l'innovation territoriale.

Le Puits Couriot actuel Musée de la Mine depuis la Gare du CLapier.

Dans la société immatérielle d'aujourd'hui, la ressource n'est plus le charbon ou l'acier mais la "matière grise" l'intelligence. L'énergie n'est plus le charbon mais l'innovation, la création.
Dans la lutte que mènent les villes entre elles, le positionnement créatif sera un atout.

le Musée de la mine, lieu d'exposition.

Pour attirer les cadres de demain, les industriels et les investisseurs il faut remodeler la ville. Il ne faut pas tout raser mais reconstruire sur de l'existant, sur un patrimoine qui sera révélé aux habitants et aux visiteurs.

Dans leur grande majorité, les acteurs locaux sont prêts à parier sur la culture comme élément non pas secondaire, mais essentiel, de la promotion, de la vitalité des territoires estime Pierre Veltz économiste (Techni.Cités le magazine des professionnels de la ville et des  territoires N° 116 Octobre 2006).



Charles Mandry (The creative city) évoque les villes qui ont obtenu un certain succès en terme d'attractivité, comme Barcelone ou Bilbao, identifie les facteurs clés du succès : "des individus visionnaires, des organisations créatives, une culture politique partagée, une clarté d'intentions. De Turin à Séoul, en passant par Euralille ou la Ruhr, leur leadership s'exprime autant dans des initiatives publiques caractérisées par des investissements à haut risque, que par un tissu de projets interconnectés visant à la fois le développement économique et le bien public. source : Techni.Cités 2006


L'exposition Paul Hoffmann en parallèle de la biennale les créteurs stéphanois présentent leur travail.

La Biennale écoulée avec tout son lot d'animations, d'expositions, de visites a permis de découvrir une cité où les gens se battent pout le renouveau, les habitants sont fiers de leurs origines et de leur patrimoine, une ville d'art et d'industrie trop ignorée des grands médias.

Publié dans Géo Première

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