Lundi 22 décembre
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Les crassiers de Michon
dans les années 50. Vue prise en direction du sud et du massif du Pilat.
La ville de Saint Etienne dans la Loire a été marquée par l’empreinte de la Révolution industrielle.
Grâce à la présence de houille dans son sous sol, cette ville au coeur du Massif Central a connu une croissance industrielle remarquable au XIX° siècle passant de 3700 habitants au XVI° siècle, à
56 000 habitants en 1850 et 220 000 en 1980.
La ville depuis le
haut des crassiers encore fumants (2008)
Il ne reste plus de charbon exploitable dans le sous sol stéphanois mais le paysage urbain garde la trace de cet héritage.
Le quartier du Clapier
et le Puits Couriot (2008)
Les milliers de tonnes extraites de ses puits ont été expédiées dans toute la France par la voie ferrée (la première de France entre St Etienne et Andrézieux) ou la voie d’eau (vallée du Gier
et du Rhône).
Les déchets des mines étaient empilés dans des terrils appelés à St Etienne des crassiers.
Encore fumants aujourd’hui de leur combustion interne ils constituent un point d’appel visuel pour le paysage urbain.
Après avoir été de couleur noire ou rouge (schistes houillers, pierres rejetées par les « clapeuses ») les crassiers ont été gagnés par la végétation progressivement. Les bouleaux et les acacias
ont été plantés pour tenir ces déblais instables et créer un sol sur cette nature ingrate.
Le plus haut culmine à 670 m d’altitude, son dépôt et sa construction ont débuté en 1930. Le second crassier plus bas en altitude débute en 1947 et est achevé en 1958 ce qui est très
rapide.
Dessin du Musée de la
Mine de St Etienne.
Les crassiers sont formés par l’accumulation des « stériles » récupérés après triage et lavage du charbon extrait dans les puits.
Avant le années 30, les déchets stériles étaient utilisés comme remblais pour les routes ou terre pleins industriels constituant de vastes plate formes dans une vallée où les espaces plans
industriels manquaient parfois.
La forme en pyramide pointue des crassiers s’explique par la technique de dépôt des déchets. Des bennes mécaniques appelées « skips » conduisaient les déchets vers le sommet le long de rails comme
un téléphérique avec une voie montant et l’autre descendante.
Les débris les plus grossiers dévalaient les 90 m de hauteur des crassiers. Les deux crassiers de Michon (nom du quartier) sont emblématiques du paysage stéphanois.
Les crassiers vus
depuis Côte Chaude, dans les années 50. photo Musée de la Mine de St Etienne.
On a envisagé à une époque de les démanteler car ils constituaient une image négative pour la ville mais ces représentations se sont modifiées avec le temps et ils font désormais partie du paysage
et du patrimoine industriel.
Les crassiers vus
depuis Côte Chaude, un quartier ouvrier périphérique (12/2008)
Ils sont la fierté des «
gagas » (nom donné au parlé stéphanois et à ses habitants à l’accent su particulier. Ils témoignent
de l’intensité du travail réalisé autour d’un site comme
Couriot.
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