Festival de Géo

Spécial FIG
 Festival International de Géographie
 Saint-Dié-des-Vosges 29/09/05 au 2/10/05

Le monde en réseaux : lieux visibles, liens invisibles
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réseaux de transport.
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Samedi 24 décembre 2005
par François Arnal publié dans : hgeofm
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Jeudi 15 décembre 2005
Il n’y a pas plus de lieu sans espace que de lieu sans temps.



Le centre ville de Barcelone au fond à gauche la Sagrada Familia de Gaudi.
Photo F Arnal 2005

« Comprendre l’imbrication espace temps, c’est saisir le conflit permanent entre dimension temporelle et dimension spatiale »
 . (Bailly Béguin 1992)



L'espace est au centre de la  géographie, c'est l'espace géographique qui est l'objet privilégié de la discipline. Si l'on s'interroge sur l'utilité de la géographie, on peut trouver une réponse dans la façon de penser l'espace.

"Faire de la géographie c'est savoir penser l'espace pour y agir plus efficacement".



un lieu de la banalité : la banlieue sud de Paris.

  • Quelle différence y a t-il entre l'espace terrestre (la planète terre) et l'espace géographique (l'analyse qu'en font les géographes) ?

  • L'espace terrestre est donné, il est réel et concret : c'est une montagne, une vallée, une plaine. IL possède une dimension physique et écologique. Mais c'est aussi un espace produit, car il n'est plus vierge et témoigne de l'intervention humaine. C'est donc également un produit social.


  • Un espace géographique est toujours appréhendé par un individu ou un groupe social.  C'est une construction de l'esprit.
Toute personne doit disposer d’espace, d’un espace. Sa survie dépend de ses capacités à s’approprier celui-ci, à y vivre à y agir sur lui.



Le port de Barcelone récemment rénové reliè à la ville par une passerelle : la "rambla del mar" permettant d'accéder au Mare Magnum (cf Manuel Belin de 1° L/ES/S 2003 R. Knafou dir. p 145).

Toutes les sociétés produisent de l’espace organisé : l’espace géographique. C’est un ensemble de lieux interdépendants :



le "périph" parisien


Ce sont les mouvements et les échanges (les flux)  qui font l’espace géographique :
(les fondamentaux de la géo p 15).




« En définissant l’espace géographique comme un ensemble de lieux et de relations qui s’établissent entre ces lieux, on place au centre la notion d’interaction spatiale (ensemble des effets produits par les échanges matériels ou immatériels entre entités localisées, occupe une position centrale).



Un haut lieu parisien : la Tour Eiffel


L’interaction spatiale est à la fois une expression majeure de l’emprise sociale sur l’étendue terrestre et un des objets clés de tout projet associé au territoire.
Celle ci repose sur l’hypothèse que ce qui se passe en un lieu n’est pas indépendant de ce qui se produit entre d’autres lieux. (…)



La Sagrada Familia (source : Google Earth)

La mobilité, ou pratique des échanges et des déplacements par les personnes, est une des bases de l’interaction spatiale. Elle concerne l’ensemble des déplacements qui, pour chaque individu, dessine l’espace le temps d’une vie.

Ce qui peut se résumer par un petit schéma…





Le quartier de Bercy en rive droite et la ZAC rive gauche



par François Arnal publié dans : ECJS première
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Jeudi 8 décembre 2005
LA DISTANCE EN GÉOGRAPHIE
RÉFLEXIONS À PARTI RDU FILM L'AUBERGE ESPAGNOLE



•    Qu’est-ce qui crée de la distance en géographie ? cette distance est-elle polysémique ? En quoi la distance permet de comprendre les relations entre société et espace ?


La plage de barcelone entièrement recréée dans les années 90.

Le contact et l’écart :
 Une ville c’est un lieu où toutes les choses sont aussi près que possible les unes des autres. La ville est un lieu de contact, de relation dans lequel les individus, les acteurs sociaux ont minimisé la distance qui les séparait.
C'est un lieu de coprésence. La place du marché au coeur de la ville en est la démonstration. Dans les métropoles modernes, c'est le quartier des affaires (CBD aux Etat-unis) ou encore le coeur politique de la cité qui remplit ce rôle. À Paris le coeur politique forme un triangle partant du quartier de la Défense à l'Ouest reliant le quartier de Bercy (apparaissant au début du film) à l'Est et  les ministères en rive gauche de la Seine, l'Elysée est au centre de ce dispositif.


Le port avec une réalisation de Gehry

Pour relier deux objets sociaux (ou géographiques) A et B :

  • On se déplace matériellement :  c'est la mobilité géographique.
  • On se contente de faire circuler de l’information :  c'est la télécommunication (importance du téléphone fixe ou portable dans le film, absence du courriel à cette époque ?).
  • On place A et B en contact direct : on élimine la distance (coprésence), en créant un lieu. L’appartement devient ainsi lieu de vie et de rapprochement entre les identités européennes. Dans l’appartement, le téléphone dans le couloir devient un lieu public dont il est difficile de s’isoler (« je t’aime mon amour » repris sur le ton moqueur par les autres étudiants qui fustigent le « french lover »).

La ville de barcelone tracée par Cerdas au XIX°siècle.

 « Le lieu à la différence du territoire abolit la distance »

(…) dans ces conditions, territorialiser un espace consiste, pour une société à y multiplier les lieux, à les installer en réseaux  à la fois concrets et symboliques. Le territoire souvent abstrait, idéel, vécu et ressenti plus que visuellement repéré et circonscrit, englobe des lieux qui se singularisent à sa différence, par leur valeur d’usage, par leur saisissante réalité ».
(Di Méo 1998 géographie sociale des territoires p 39.)


"Distances, espaces, territoires, relations sont les ingrédients d’une géographie  qui cherche à mettre de l’ordre dans le complexe".
(Bailly Béguin 1992)

Il n’y a pas plus de lieu sans espace que de lieu sans temps.
 « Comprendre l’imbrication espace-temps, c’est saisir le conflit permanent entre dimension temporelle et dimension spatiale ». (idem).




La distance est multiple et modifie notre rapport à l'espace :

dans le film (comme dans la géographie)n, la distance est multiple (polysémique : possède plusieurs sens)
  • La distance est réelle elle se mesure en kilomètres c'est la distance euclidienne qui fait que Barcelone est à environ 1500 km de Paris.

                                                                                                 
La Casa Batlo de Gaudi
cf les cartes de France sur ce site :

Les distances géographiques :
  • La distance se mesure avec le temps de trajet : Paris est à une heure d'avion de barcelone ou à 15 heures de voiture. C'est la distance-temps.

  • La distance a un coût (la distances-coût) qui varie selon le mode transport :
depuis le plus économique la marche à pied, au plus cher le tranport aérien, en passant par la route ou la voie ferrée. La grande vitesse en France (TGV) a modifié ces distance temps et ces distances-coûts.

  • Ces premières distances sont objectives et chiffrables mais il existe enfin une distance affective, subjective (qui varie selon les individus).
Chacun ressent le voyage différemment (Xavier pleure dans l'avion la première fois, il doit trouver lle voyage plus court la seconde et pense à ses mais laissés à Barcelone lors du voyage retour...).


Le Parc Guell

L'amie de Xavier a la possibilité de venir le voir à Barcelone la distance temps est faible, mais elle ne peut venir souvent car la distance coût est élevée et sa relation de couple s'estompe avec le temps car la distance affective joue en sa défaveur.
par François Arnal publié dans : ECJS première
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Mercredi 7 décembre 2005


Naissance du Christianisme

La bible chrétienne ne peut se comprendre sans la bible hébraïque, rendez vous sur le site de la BNF (Bibliothèque Nationale de France) pour découvrir de magnifiques manuscrits;
toutes les illustrations cidessous en sont extraites.


La Torah, livre de la formation du peuple de l'Alliance

Le judaïsme repose sur un enseignement écrit ou Torah écrite, et un enseignement oral ou Torah orale, littéralement "la loi qui est sur la bouche",

le site est divisé en plusieurs châpitres dont voici quelques extraits :

Introduction :
présente l'origine du mot, de la torah :
Le mot Torah est formé à partir d'une racine hébraïque yarah qui signifie "enseigner". Torah désigne d'abord les cinq premiers livres de la Bible ou Pentateuque, mais aussi le rouleau de parchemin sur lequel est copié le texte de la Torah, et par extension, tous les écrits sacrés du judaïsme.



l'architecture :
La Bible hébraïque se présente comme une collection d'ouvrages dont le nombre et parfois le contenu diffèrent de celui du christianisme. Elle contient vingt-quatre livres. La Bible hébraïque est divisée en trois parties, subdivisées en livres et en versets : La Torah (au sens strict, le Pentateuque), Nevi'im (les Prophètes) et Ketouvim (les Écrits sacrés ou Hagiographes).
La Torah est pour le judaïsme d'origine divine et révélée. C'est un code social, moral et religieux faisant écho aux textes juridiques existant au Moyen-Orient ancien : la bibliothèque de Ras-Shamra (Ougarit) et le code d'Hammourabi. Cependant, la Torah n'est pas uniquement un texte juridique. Elle contient également des récits : la création du monde, la naissance de l'Homme, le déluge, l'histoire de Joseph, la sortie d'Égypte, etc.





La Septante
Au IIIe siècle avant notre ère, apparaît une traduction officielle de la Torah en grec. La légende relate le miracle de cette traduction : soixante-douze rabbins sur l'île de Pharos au large d'Alexandrie auraient tous traduit de la même façon la bible hébraïque. D'où le nom de Septante qui sera donné à cette traduction assez littérale, destinée aux juifs d'Alexandrie avant d'être abandonnée aux chrétiens.


Source : BNF

La rédaction :
pour un historien la rédaction pose le problème de la source :
Qui a rédigé la Bible ?

Les livres de la Bible sont le plus souvent des compilations d'ouvrages antérieurs. C'est la raison pour laquelle leur rédaction est difficile à dater avec précision. Leur rédaction date du IXe siècle pour les plus anciens au Ier siècle de notre ère. Les fragments les plus anciens de manuscrits bibliques sont postérieurs au IIIe siècle avant notre ère.
La Bible hébraïque a été rédigée en hébreu à l'exception de certaines parties du livre de Daniel, d'Esdras et de Néhémie écrites en araméen.



par François Arnal publié dans : histoire seconde
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Samedi 3 décembre 2005
A propos des lieux en géographie :
Réflexion à partir du film l'Auberge espagnole



1.
Définitions du lieu :
  • Le lieu  est un point de la surface terrestre repéré par des coordonnées géographiques, un toponyme, un site, une situation, c’est ici et nulle part ailleurs. Composante élémentaire de l’espace géographique, c’est aussi un agencement particulier de cet espace doté d’un nom, d’une fonction, d’un sens, d’une limite et d’une étendue variable. (les fondamentaux de la géographie. Y. Veyret Dir.)
  • Espace où l’on considère par hypothèse que la distance séparant les différents phénomènes qui la composent est nulle. (J. Lévy Europe : une géographie.)
  • Le lieu est la plus petite unité spatiale complexe de la société ( M. Lussault 1996 et dictionnaire de la géo. Lévy).


Le front de mer à Barcelone. Un lieu universel, une identité paysagère ?
 © François Arnal 2005 Droits réservés

Il existe des lieux forts (les hauts lieux) des lieux faibles (les lieux de la banalité). Le lieu privilégie les interactions, les contacts. Lévy parle de coprésence.
Le lieu ne s’identifie pas forcément au local puisque cette coprésence peut se manifester à toutes les échelles, puisque la distance est parfois modifiée. Le monde peut ainsi être un lieu.

Là où quelque chose se trouve ou/et se passe ;
synonymes : endroit place, position, site, emplacement, lieu-dit, localité.

Les humains vivent leur existence dans un lieu et hors d’un lieu. Double capacité objective et subjective à l’égard d’un lieu : pouvoir l’observer, le décrire comme quelque chose d’extérieur à soi, de neutre et  aussi participer d’un environnement, le vivre et le ressentir .

Un haut lieu de Barcelone : la Sagrada Familia
© François Arnal 2005 Droits réservés

2. Le lieu est à l’espace que le moment est au temps :

Pour R. Brunet, le lieu est à l’espace que le moment est au temps, ou ce que l’individu est à la société.
Deux lieux ne peuvent avoir la même position, ils sont espacés, distants l’un de l’autre.
Avec le courant humaniste de la géographie, on assiste à une prise en compte de l’expérience des lieux (valeurs croyances émotions et appartenance). Se pose ainsi la question de la représentation : comment je vois le monde, les lieux du monde ? ) et de l’identité (qui suis-je ?) confrontée à l’altérité (qui sont les autres ?) avec la découverte ou la volonté de construire une universalité (valeurs communes : « l'européanité ») .


Paris : un lieu de monde.

La question de la relation à un lieu, et à un territoire est géographique puisque les humains transforment les lieux et le milieu en fonction des représentations qu’ils s’en font et de l’expérience qu’ils en ont.
 En retour l’espace terrestre affecte les humains.


3. Aujourd’hui les humains ont des lieux de vie multiples : (théorie de la transition mobilitaire de R. Knafou).

Romain Duris (Xavier) : " J’suis français, espagnol, anglais, danois ! J’suis comme l’Europe, j’suis tout ça, j’suis un vrai bordel... ".


Paris : la Bibliothèque François Mitterrand.

Après une période de coupure très nette nomade-sédentaire, aujourd’hui la mobilité est généralisée dans le temps et dans l’espace. Un européen possède différents lieux de vie (travail , résidence, loisirs, retraite, études…). Son capital de mobilité spatiale est important.


Dans le film, outre les étudiants du programme Erasmus,  le médecin français en poste dans un hôpital de Barcelone est l’illustration de cette mobilité géographique.
 Le jeune gambien souligne cette mobilté également, étudiant immigré temporaire, il possède une double identité (catalane et gambienne).



4. Le rapport des individus à l’espace et aux lieux :

Le rapport des individus à l’espace ne se définit plus par un seul lieu mais par de multiples lieux de vie.
Les immigrés européens connaissent cet état et perdent parfois leur identité, leurs repères, leurs racines.


maquette de l'Ile de la Cité et Ile Saint-Louius (Paris)

 Le sens du lieu est essentiel dans l’identification humaine (crainte de l’exil, du déracinement, du dépaysement chez le jeune Xavier ou chez Anne Sophie qui dit «  c’est pas facile de partir, on laisse plein de choses derrière soi, changer de langue c’est pas facile »).





Par ailleurs, l’espace vécu modifie les relations aux lieux (Xavier est perdu dans une Barcelone hostile à ses yeux sans repères (scène de la place Urquinaona). Très vite il se crée des lieux de vie (l’appartement, la rue, le bistrot, la plage… ) qui lui sont familiers. Lorsqu’il faut regagner d’urgence l’appartement, xavier connaît les raccourcis et n’éprouve aucune difficulté dans les rues de Barcelone. Les toponymes sont égrainés et deviennent familiers («Urquinaona et Via Laetana, Plaza Real avec Xavier dans un cercle « je suis ici »,   tout ça vous appartient »). Ils sont comparés à ceux du vécu de xavier (« Ponto Combo »," Knokke-le-Zoute"…).


Barcelone : la Sagrada Familia en 2005
 © François Arnal 2005 Droits réservés

Le Point de vue de Jacques Lévy (géographe) :
"Ce film est fondé sur une double métaphore, poussée jusqu’à l’allégorie : la diversité de l’Europe comme expression de celle de l’individu, la construction européenne comme image de la construction de la personnalité.

Passant un an à Barcelone dans le cadre d’échanges "Erasmus", un étudiant français découvre, en partageant un appartement avec des étudiants venus de plusieurs pays européens, l’importance de l’altérité dans la création d’une identité forte. Cette thématique est d’autant plus claire qu’elle est assénée de façon répétée et manifeste par une voix off à laquelle l’image ne fait parfois qu’offrir un contrepoint. La naïveté apparente du propos est renforcée par l’usage de techniques rendues possibles par le choix de la vidéo (HD), telle que l’incrustation de plusieurs images ou d’autres astuces qui donnent parfois à ce long-métrage une tonalité de clip. Ces différents éléments ont fait classer par certains critiques ce film comme un peu "facile", trop transparent pour offrir les multiples plans de lecture qu’on attend d’une œuvre d’auteur."

« Érasme, l’Europe et moi », Jacques Lévy [1], 5 mars 2003, revue Espaces-Temps 5 mars 2003).

La suite bientôt...
(réflexion sur la distance en géographie).

par François Arnal publié dans : ECJS première
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